1 mois sans poster… pas sérieux, ça…
Il s’est passé plein de choses depuis cette fin août : 8 concerts au Japon avec Kora Jazz Trio dans les clubs Bluenote, où j’ai pu utiliser ma pédale JamMan devant le public, d’autres concerts (Mulhouse le week-end dernier, Lisbonne le prochain…) et surtout plein de travail car je vous prépare des surprises d’ici quelques mois… mais chut !
Le Web est vraiment un outil merveilleux… Je vous ai déjà parlé de mon premier album, sorti en 1983 à Abidjan et réédité ensuite en Angleterre au début des années 90.
Et bien voici la pochette originale du LP (et non pas celle de la version de 90, certes plus sexy…) trouvée via le net, et en plus dans le pressage Ivoirien d’époque !!!
C’est un collector !!!!
Dans le même ordre d’idée (merci le Web !), j’ai participé en 1985, toujours à Abidjan, à l’enregistrement d’un album de Johnny Copeland, grand Bluesman américain : Bringin’ It All Back Home. Il a même composé un titre en 2 parties, nommé Djeli Djeli blues.
Voici ce qui est dit au dos de cet album :
“Tout le monde sait que le Blues a des racines africaines. Et pourtant voici le premier album de Blues jamais enregistré en Afrique. En 1982 Le johnny Copeland Blues Band a fait une tournée entre le Burkina Faso (Haute Volta), le Cameroun, la Guinée, La Côte d’Ivoire, le Liberia, le Sénégal, la Sierra Leone, la République du Congo et le Zaire. [...] L’accueil des publics africains a toujours été fort et enthousiaste et nous avons eu plein d’opportunités de rencontrer et travailler avec des musiciens africains, avant ou après les concerts. Quand Johnny est rentré à New York, il a commencé à écrire des morceaux qui reflétaient ce qu’il avait vu et entendu de l’Afrique. quand il nous a paru évident que ces nouveaux titres étaient excellents, nous avons pris la décision de les enregistrer en Afrique. Nous nous sommes organisés et voici le résultat. La musique, une réponse afro-américaine à l’appel de l’Afrique, est une synthèse unique : des musiciens africains et américains qui jouent sur les bases d’un héritage commun. Le Blues ne mourra jamais. Dan Doyle
“Tout le monde sait que le Blues a des racines africaines. Et pourtant voici le premier album de Blues jamais enregistré en Afrique. En 1982 Le johnny Copeland Blues Band a fait une tournée entre le Burkina Faso (Haute Volta), le Cameroun, la Guinée, La Côte d’Ivoire, le Liberia, le Sénégal, la Sierra Leone, la République du Congo et le Zaire. [...] L’accueil des publics africains a toujours été fort et enthousiaste et nous avons eu plein d’opportunités de rencontrer et travailler avec des musiciens africains, avant ou après les concerts. Quand Johnny est rentré à New York, il a commencé à écrire des morceaux qui reflétaient ce qu’il avait vu et entendu de l’Afrique. quand il nous a paru évident que ces nouveaux titres étaient excellents, nous avons pris la décision de les enregistrer en Afrique. Nous nous sommes organisés et voici le résultat. La musique, une réponse afro-américaine à l’appel de l’Afrique, est une synthèse unique : des musiciens africains et américains qui jouent sur les bases d’un héritage commun. Le Blues ne mourra jamais.
Dan Doyle
Voici le lineup complet, où j’apparais en “Special guest”…
Et me voici, avec Johnny Copeland qui essaye ma Kora (encore traditionnelle à cette époque…)
A l’époque de ce billet, j’écrivais ne malheureusement pas pouvoir vous faire écouter le titre composé pour cet album. Depuis, “Djeli Djeli Blues” est devenu accessible sur le billet correspondant !
A bientôt !
PS : n’hésitez pas à réagir dans les commentaires… Ca fait toujours plaisir…
Je reviens sur l’album enregistré en duo avec le bluesman Bob Brozman Ocean Blues, From Africa to Hawai.
Voici ce que l’on pouvait lire dans le journal Libération du 20/11/2000 sous le titre Diawara déploie l’écho de la kora :
[...] C’est une merveille de voir Djeli Moussa travailler. Penché sur les cordes, il parcourt d’abord quelques traits classiques, de ceux qu’il répétait une journée entière, au village, sous peine de recevoir des taloches lorsque les vieux rentraient des champs. Sous ses doigts renaît l’émotion contenue, la progression rigoureuse du répertoire mandingue, ce “classique” somptueux qui, depuis sept siècles, sert de repère culturel à l’une des plus puissantes civilisations de l’Afrique. Puis Djeli Moussa accroche une corde oubliée, et en une fraction de seconde l’univers bascule : soudain c’est le blues, l’Amérique… Les trois albums “parisiens” de Djeli Moussa ont la couleur de ses errances, de ses rêves de l’Occident, de ses coups de nostalgie, de ses retours ; il esquisse un pas de danse avec les rythmes latins (Flamenkora), pleure les blues des immigrés, ou fait sienne l’austère splendeur des anciens griots (Moya). Puis, l’an dernier, il rencontre Bob Brozman et enregistre Ocean Blues. Débridé. Brozman vient du blues, mais il y a longtemps qu’il tend l’oreille à d’autres musiques. Parmi ses dernières frasques, un album avec un folk singer d’Okinawa, Takashi Hirayasu, un autre avec le guitariste hawaïen Ledward Kaapana. Avec les arpèges aériens de Djeli Moussa, Brozman trouve le parfait contrepoint à ses guitares hawaïennes, à son blues grasseyant ; et l’Africain, qui est aussi guitariste, s’amuse parfois à le suivre en plaquant des accords. Comment peut-on plaquer un accord à la kora ? Théoriquement, l’instrument est calé entre les deux pouces, mais Djeli Moussa a mis au point une technique pour lâcher une main et jouer en strumming*. Il faut voir ses mains voler et claquer, ses doigts dérouler les notes pressées. Parfois il s’élance dans un solo précis et débridé à la fois, joignant la rigueur d’un Batourou [Sékou Kouyaté] à l’arrogante liberté des riffs griots. Alors que les jazzmen récupèrent les grooves latins ou africains pour ancrer leurs solos, les bluesmen, eux se tournent ver les soloistes. Ce qui les fait craquer, ce sont ces improvisateurs impénitents, sorciers de l’outrancier et de l’inattendu, que l’on rencontre dans les cours des villages d’Afrique. Djeli Moussa est de ceux-là, et s’il entreprend une carrière sérieuse, il est sûr que ses pairs américains le reconnaîtront. Le jazz est né au pays mandingue au XIIIe siècle.
[...] C’est une merveille de voir Djeli Moussa travailler. Penché sur les cordes, il parcourt d’abord quelques traits classiques, de ceux qu’il répétait une journée entière, au village, sous peine de recevoir des taloches lorsque les vieux rentraient des champs. Sous ses doigts renaît l’émotion contenue, la progression rigoureuse du répertoire mandingue, ce “classique” somptueux qui, depuis sept siècles, sert de repère culturel à l’une des plus puissantes civilisations de l’Afrique. Puis Djeli Moussa accroche une corde oubliée, et en une fraction de seconde l’univers bascule : soudain c’est le blues, l’Amérique… Les trois albums “parisiens” de Djeli Moussa ont la couleur de ses errances, de ses rêves de l’Occident, de ses coups de nostalgie, de ses retours ; il esquisse un pas de danse avec les rythmes latins (Flamenkora), pleure les blues des immigrés, ou fait sienne l’austère splendeur des anciens griots (Moya).
Puis, l’an dernier, il rencontre Bob Brozman et enregistre Ocean Blues.
Débridé. Brozman vient du blues, mais il y a longtemps qu’il tend l’oreille à d’autres musiques. Parmi ses dernières frasques, un album avec un folk singer d’Okinawa, Takashi Hirayasu, un autre avec le guitariste hawaïen Ledward Kaapana. Avec les arpèges aériens de Djeli Moussa, Brozman trouve le parfait contrepoint à ses guitares hawaïennes, à son blues grasseyant ; et l’Africain, qui est aussi guitariste, s’amuse parfois à le suivre en plaquant des accords. Comment peut-on plaquer un accord à la kora ? Théoriquement, l’instrument est calé entre les deux pouces, mais Djeli Moussa a mis au point une technique pour lâcher une main et jouer en strumming*. Il faut voir ses mains voler et claquer, ses doigts dérouler les notes pressées. Parfois il s’élance dans un solo précis et débridé à la fois, joignant la rigueur d’un Batourou [Sékou Kouyaté] à l’arrogante liberté des riffs griots.
Alors que les jazzmen récupèrent les grooves latins ou africains pour ancrer leurs solos, les bluesmen, eux se tournent ver les soloistes. Ce qui les fait craquer, ce sont ces improvisateurs impénitents, sorciers de l’outrancier et de l’inattendu, que l’on rencontre dans les cours des villages d’Afrique. Djeli Moussa est de ceux-là, et s’il entreprend une carrière sérieuse, il est sûr que ses pairs américains le reconnaîtront. Le jazz est né au pays mandingue au XIIIe siècle.
Je vous propose pour illustrer ce billet, le titre “Voyage dans le désert”…
Audio clip: Adobe Flash Player (version 9 or above) is required to play this audio clip. Download the latest version here. You also need to have JavaScript enabled in your browser.
* Le strumming est un terme anglais qui désigne le fait de gratter simultanément plusieurs cordes à la main droite pour jouer une rythmique.
(Photo de Haley S. Robertson)
Bien sûr tout le monde connait l’interprétation de la chanson Malaika, qui signifie “ange” en Swahili, par la regrettée Miriam Makeba, Mama Afrika.
Je vous en propose une version instrumentale, enregistrée en duo avec le bluesman Bob Brozman sur l’album Ocean Blues, From Africa to Hawai, que nous avons réalisé en 2000.
Vous pouvez préparer la boite de mouchoirs… pour les 6 prochaines minutes !
Si vous avez aimé, je vous proposerai prochainement un autre extrait de cet album… En attendant, je vous laisse à cette musique “céleste”…
Ami(e)s, qui visitez ce site de plus en plus nombreux, je vous en prie, laissez moi un petit commentaire…
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